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Groupe de Recherches Archéologiques de la Loire
Maison Passé-Présent
8 rue Desimiane de Montchal
42170 Saint-Just Saint-Rambert
04.77.52.12.78

Le château du Rousset

Le château du Rousset (Margerie-Chantagret)


 

 

Vue aérienne du château
Généralités
 Le château du Rousset, dont l’édification et les aménagements s’échelonnent entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, s'élève sur la rive droite de la Mare, dans une vallée boisée, à l'extrémité ouest de la commune de Margerie-Chantagret. Il est construit sur une petite éminence rocheuse entourée sur deux côtés par la rivière.
 
Citée dès 1260, la maison forte du Rousset fut la possession au cours des siècles des familles de la Bastie, Lothon, Sugny et Damas jusqu’à la Révolution. Vendu comme bien national, elle eut de nombreux propriétaires au cours du XIXème siècle. Elle appartient à la famille Midroit-Guigon depuis 1873.
 
Depuis 2010, les travaux de dégagement et de stabilisation, entrepris par les propriétaires, sont suivis par le GRAL qui réalise une étude du bâti à chaque intervention.

 

 

Organisation fonctionelle (cf planche des niveaux et niveaux façade)Vue d'ensemble de la façade sud

  Le château du Rousset présente un agencement complexe dû à de nombreuses campagnes d’agrandissements ou de modifications. Chaque bloc de construction est constitué de plusieurs niveaux s’enchevêtrant les uns aux autres.
  Galandages, cloisons et planchers ayant disparu, il est difficile de replacer avec précision les différentes pièces du château. La visite lors de la vente du château en 1793 a permis de connaître le nombre approximatif, l’attribution et l’aménagement des salles. Par contre leurs emplacements restent imprécis. Il n’y a aucun renseignement sur leur surface. La description sommaire faite en 1907 apporte un complément infime d’informations.

 

Cuve vinaire et aire de foulage 

1. Niveau -3/-4 : une salle souterraine s’ouvre sur quatre caves et un corridor donne sur l’extérieur et permet l’accès au moulin. La cave E2, renferme une cuve vinaire et une aire de foulage rupestres.
2. Niveau –2 : accessible uniquement par la cour intérieure, ce niveau comprend un corridor, une cuisine,un cellier et un débarras.
3. Niveau 0/1 : deux salles dont un fournier, la porte d’accès à la tour d’escalier et celle du niveau -2 s’ouvrent sur la cour intérieure.
4. Niveau 1 : il était occupé par une grande salle « ornée de belles boiseries du XVIIe siècle en pin de pays, largement moulurées », deux chambres dont celle du « citoyen Damas », deux cabinets, la chapelle et les latrines.
5. Niveau 2 : l’espace était partagé entre une grande chambre, une chambre d’enfant, un cabinet de toilette, sept chambres et un corridor.
6. Niveau 3 : il est mal conservé et peu décrit dans les textes ; il s’agissait probablement de l’étage réservé aux domestiques et occupé en partie par des greniers.

 

 
Les ouvertures (cf planche des ouvertures)

  Neuf types différents d’ouvertures ont été recensés. Cette grande diversité de style est le reflet de grandes périodes de construction ou de rénovation de l’habitat.

 Chronologie 

  Certaines parties du château étant toujours sous les gravats ou pas encore étudiées, ce bilan doit être considéré comme une hypothèse de travail.

Etat I (XIIème/XIIIème siècle) : construction du donjon

Etat II (XIIIème/XIVème siècle) : construction habitat

Etat III (XIVème siècle) : construction de la clôture et aménagement logis I

Etat IV (XVème/XVIème siècles) : aménagement logis II

Etat V (XVIème siècle) : aménagement important des défenses en pleine période de guerres de religion.

Etat VI (début XVIIème siècle) : porte d’accès de la tour vers l’extérieur

Etat VII (XVIIème/XVIIIème) : aménagement logis III

 

 Phasage UM 1  Phasage UM 1 et 2 - Phasage UM 3 -  Phasage UM 4 Phasage UM 5 Phasage UM 6

Le château, tel qu’il se révèle aujourd’hui, est le résultat de près de cinq siècles d’aménagements dont deux très importants ont complètement modifié son architecture.

 
Pour la famille de la Bastie, première occupante, il ne représentait probablement qu’un domaine productif qu’il fallait protéger de petites rapines. Capitaine châtelain de la forteresse de Lavieu, les seigneurs de la Bastie possédait des maisons intra-muros.
 
Lorsque la famille Lothons prend possession de la seigneurie du Rousset, c’est déjà une grande famille du roannais où elle réside. Guillaume Letous fut contraint par les gens du comte à renouveler l'aveu de la maison forte du Rousset. Outre la stratégie fiscale, cela prouve le peu de valeur et d’intérêt que représentait ce bien récemment acquis. Pourtant ce sont eux qui réaliseront la première grande période d’aménagement. De simple petite maison forte les bâtiments vont se transformer en logis seigneurial fortifié.
 
Lorsque le château arrive dans la famille de Damas, le Forez est confronté, à l’instar du reste de la France, aux premiers troubles qui déboucheront sur la première guerre de religion (1561/1563). Intégristes catholiques, les seigneurs de Damas non seulement appartenaient à la Ligue mais en étaient les figures emblématiques.
 
Les nombreuses escarmouches durant ces périodes instables amenèrent les deux premiers seigneurs du Rousset (Georges et François) à élever une clôture avec de nombreux éléments de défenses. Ceux-ci peuvent paraître surdimensionnés par rapport à la situation du château. Mais proche des grands chemins de communication, les attaques devaient être fréquentes.
 
La paix revenue, les comtes de Damas suivants transformèrent le Rousset en résidence de plaisance entouré d’un jardin à l’anglaise.